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Stockage : la bande fait de la résistance

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Stockage : la bande fait de la résistance

Longtemps promises à une mort certaine, les technologies de stockage sur bande magnétique sont finalement en train de revenir en force. La raison : elles offrent un support idéal – et relativement bon marché – pour l’archivage massif de données « froides ».

À l’exception peut être des serveurs mainframe (grands systèmes), rares sont les technologies à avoir aussi souvent été déclarées mortes ou moribondes que les systèmes de stockage sur bandes magnétiques. Et rares sont les systèmes qui ont aussi souvent sauvé leur peau in extremis, grâce à leur utilité reconnue pour des tâches bien précises.

Dans la catégorie des « oraisons funèbres », le cabinet américain ESG (Enterprise Strategy Group) prédisait, par exemple, en 2010 que les bandes magnétiques allaient rapidement perdre de leur intérêt avec l’arrivée des nouvelles technologies de déduplication (dédoublonnage) des données et des solutions d’archivage sur le cloud. Mais quelques années plus tard, les prévisions des analystes redevinrent nettement plus optimistes : le magazine spécialisé britannique Information Age évoquait ainsi l’an dernier leur « renouveau dans un monde qui peine à maîtriser les big data ».

“Des cartouches d’une capacité supérieure à 100 téraoctets.”

Archivage et stockage froid

De l’avis de nombreux spécialistes, les technologies de lecture et de sauvegarde sur bandes, qui ont dominé le marché durant les deux dernières décennies du XXe siècle et au début du XXIe siècle, s’avèrent toujours particulièrement pertinentes pour le « stockage froid » (autrement dit pour archiver les masses de données structurées et non-structurées générées par les applications et finalement peu consultées) et pour la sécurisation des archives via un modèle de stockage à plusieurs niveaux (disques vers disques vers bandes).

Pour les entreprises, la bande magnétique, moins chère que les solutions à base de disques, a toujours un point faible : la latence d’écriture et de lecture des données est supérieure à celle des informations sauvegardées sur des disques ou des cloud privés. Mais cet inconvénient est compensé par plusieurs avantages notables en termes de coûts et de robustesse. Car avec une durée de vie qui peut aller jusqu’à 20 ans, les cartouches de stockage à la norme LTO (pour « Linear Tape-Open », en anglais) ont continué de voir leurs capacités s’envoler durant ces dernières années : les modèles dépassant la dizaine de téraoctets sont devenus monnaie courante à partir de 2010 et certains constructeurs arrivent désormais à proposer des cartouches d’une capacité supérieure à 100 téraoctets. Résultat : le coût du stockage sur ces supports continue de baisser et les entreprises les regardent à nouveau d’un bon œil.

Il faut dire que les processus de sauvegarde et d’archivage dans les librairies LTO (robots de sauvegarde sur bandes magnétiques) ont l’avantage d’être déjà connus et maîtrisés par de nombreux spécialistes. Leur principal défaut, lié à des délais supérieurs pour la lecture et l’écriture des données, s’est en outre grandement estompé avec la standardisation en 2010 des systèmes système LTFS (pour « Linear Tape File System »). Ils permettent aujourd’hui d’utiliser la bande à la manière d’un disque dur pour accéder presque aussi facilement aux données archivées… La fin n’est pas encore arrivée.

 

Denis Montillet

Denis Montillet

Actuellement en charge du marketing B2B chez Dell France, Denis Montillet pilote les initiatives stratégiques autour de la gestion des données, de la convergence, des technologies « software-defined » et du cloud.

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