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DSI : l’erreur classique du développement « maison »

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Pour des raisons souvent économiques, certaines DSI font le choix de développer leur propre solution plutôt que de payer un fournisseur pour l’acquisition d’un outil existant. Erreur…

DSI : l'erreur classique du développement « maison »

Tous les professionnels IT ont déjà rencontré ce scénario. Un projet ambitieux, des équipes compétentes, des moyens déployés, et au bout du compte, des promesses non tenues. Toutes les conditions ont beau être réunies au départ, il arrive que le projet tourne à l’échec. Et dans la majorité des cas, ces revers ont un point commun : la volonté de construire une solution en interne.

Pour les entreprises, la tentation est grande. Bâtir sa propre solution semble au premier abord bien moins coûteux que d’acquérir un outil prêt à l’emploi. Sans intelligence logicielle, paramétrage spécifique ou architecture certifiée par exemple, l’équipement de base nécessaire à la création d’une solution « maison » est effectivement beaucoup plus accessible. Les budgets IT étant de plus en plus serrés, nombre de DSI choisissent cette voie pour tenter de répondre aux problématiques métier, pensant que l’expertise disponible en interne sera suffisante. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Une question de standards

Faire le choix du développement interne peut s’avérer bien plus complexe qu’il n’y paraît. Par définition, le « spécifique » implique de s’éloigner des standards. Or, respecter les normes de l’industrie est sûrement le moyen le plus simple et économique de répondre aux attentes des employés et clients. Les applications cloud en sont un bon exemple. Alors que les professionnels utilisent une gamme toujours plus diversifiée d’appareils (portables, smartphones, tablettes, 2-en-1), le SaaS permet d’offrir à chacun une expérience unifiée et standardisée quel que soit le terminal.

“Le risque pour l’entreprise est de se retrouver prisonnière
de son environnement propriétaire.”

En déployant sa propre solution, l’entreprise doit fournir un travail conséquent pour s’assurer de sa conformité réglementaire d’une part, mais aussi de la compatibilité des interfaces avec les postes clients ou encore de la bonne intégration avec le système d’information existant. Un véritable défi.

Des enjeux organisationnels et financiers

Une fois le projet lancé, la première conséquence sera plus organisationnelle que technique. Les équipes expertes des technologies standards perdront la direction au profit de celles favorables à un développement spécifique. Ces dernières prendront en charge toutes les étapes de création de la solution et en connaîtront donc l’historique et les caractéristiques détaillées. Et le jour où un ou plusieurs membres de cette équipe décident de quitter l’entreprise, emmenant avec eux toutes leurs connaissances, la situation peut devenir très complexe à gérer.

Le risque pour l’entreprise est alors de se retrouver prisonnière de son environnement propriétaire et de limiter sa capacité d’innovation. Car faire appel à des consultants externes capables de reprendre la main sur cette solution interne et de la faire évoluer pour répondre à l’apparition de nouveaux besoins va coûter beaucoup plus cher que de trouver un spécialiste d’une technologie standard. Et une fois les dizaines ou centaines de milliers d’euros investis pour en arriver là, il devient difficile, voire impossible, de faire machine arrière.

La porte ouverte au Shadow IT

Développer son propre outil réclame de l’argent mais aussi beaucoup de temps. Les fournisseurs de solutions font leur maximum pour faciliter le travail de leurs clients. Les tâches de configuration ou de maintenance sont souvent de plus en plus réduites, notamment grâce aux méthodes d’automatisation, pour permettre aux équipes IT de se concentrer sur des missions à plus haute valeur ajoutée.

Car c’est bien là le rôle de la DSI dans une entreprise prête pour l’avenir ; devenir un véritable partenaire pour le business et fournir une réponse technologique rapide et adaptée à une problématique métier. Aujourd’hui, les utilisateurs n’attendent pas. Une direction marketing ou financière n’est pas prête à attendre des semaines ou des mois pour que la DSI mette en place le projet, construise la solution et la déploie, alors qu’elle peut provisionner le service cloud dont elle a besoin en seulement quelques minutes. S’ils veulent éviter le Shadow IT et garder le contrôle de leur SI, les responsables informatiques ont tout intérêt à proposer eux-mêmes ce type de solutions.

 

Denis Montillet

Denis Montillet

Actuellement en charge du marketing B2B chez Dell France, Denis Montillet pilote les initiatives stratégiques autour de la gestion des données, de la convergence, des technologies « software-defined » et du cloud.

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