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Start-up : 5 conseils pour éviter la sortie de route

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Tous les "startuppers" vous le diront : le chemin de l’entrepreneuriat est semé d’embûches. Mieux vaut donc identifier au plus tôt les principaux obstacles qui pourraient se dresser sur votre route pour mieux les surmonter.

Start-up : 5 conseils pour éviter la sortie de route

Dans le monde de l’entrepreneuriat, les échecs comptent presque autant que les réussites. Si certains ne sont pas parvenus à redresser la barre à temps pour maintenir leur entreprise à flot, d’autres ont su faire le dos rond pour finalement mieux rebondir. Dans tous les cas, il reste généralement de ces expériences des enseignements précieux pour les générations de créateurs à venir. Voici cinq grandes leçons à retenir des « autocritiques », « autopsies » et « analyses post-mortem » publiées récemment par des entrepreneurs ayant été confrontés à un échec.

#1 : Éviter de se disperser

Focus, focus, focus… Nombreux sont les articles invitant les entrepreneurs à ne pas perdre de vue l’objectif qu’ils s’étaient fixé dans leur business plan. C’est pourtant l’une des principales difficultés rencontrées par les start-up, inévitablement tentées de courir plusieurs lièvres à la fois ou de trop souvent changer leur fusil d’épaule. Parmi les raisons qui l’ont mené à décider de cesser le développement de la plate-forme de services en ligne Calabio, Guilhem Bertholet, son co-fondateur, évoque le développement de trois services, « ce qui a sans doute été une erreur et une source de dispersion ». « Pour aller vite (et bien), il faut se forcer à être monomaniaque », explique-t-il. « Quitte à changer de monomanie de manière récurrente et fréquente, mais il faut décider d’abandonner de nombreux combats pour se focaliser sur un obstacle à la fois. On ne peut pas être bon partout en même temps. »

“L’actualité regorge de créateurs plus ou moins naïfs
qui ont fondé trop d’espoir sur la plate-forme technologique d’un tiers.”

#2 : Savoir s’adapter

Attention néanmoins à ne pas persister dans une voie lorsqu’il est évident que celle-ci n’aboutira à rien! Acteur mondial sur son marché du « retargeting publicitaire », le français Criteo a démarré son aventure dès 2005 dans les logiciels de recommandation de produits. Il a ensuite su « pivoter » pour proposer des services aux entreprises et développer son offre actuelle. Mais toutes les start-up n’ont pas la possibilité ou l’audace d’opérer à temps de tels changements. L’ex-dirigeant de l’américain Imercive (marketing sur les réseaux sociaux) regrette ainsi de ne pas avoir eu le courage de se réorienter lorsque son entreprise disposait encore de fonds d’amorçage. Quand la décision a finalement été prise, « nous avions besoin de lever plus d’argent pour appliquer la nouvelle stratégie », écrit-il. « Nos investisseurs existants ne pouvait participer à un nouveau tour de table et, faute de résultats démontrables sur les bénéfices à attendre de la nouvelle stratégie, il nous était difficile d’en convaincre de nouveaux. »

#3 : Rester indépendant

L’actualité technologique regorge d’articles sur des créateurs plus ou moins naïfs qui ont sans doute fondé trop d’espoir sur la plate-forme technologique d’un tiers (généralement en vogue). Problème : l’expérience a montré que ce tiers décide parfois de leur fermer l’accès ou, plus grave, de proposer lui-même le service. Outre-Atlantique, Twitpic, célèbre site de partage de photos et de vidéos sur les réseaux sociaux, a rencontré un problème de ce type. L’entreprise s’est retrouvée en difficulté mi-2014 lorsque Twitter a laissé planer la menace d’une possible fermeture de son API (interface de programmation) à Twitpic au motif que celui-ci ne respecterait pas son nom de marque. Le site de microblogging a fini par racheter et intégrer Twitpic à sa plate-forme quelques mois plus tard.

Dans un tout autre style, le site d’affiliation français Zlio, qui hébergeait des e-boutiques de commerçants, a lui été obligé de baisser le rideau en 2011. En cause : un changement brutal de l’algorithme de référencement de Google et une chute consécutive de 65 % du trafic vers toutes les boutiques, selon le fondateur de Zlio.

“Certaines levées de fonds s’apparentent
à des cadeaux empoisonnés pour les créateurs.”

#4 : Jouer dans les règles

Aux Etats-Unis, Homejoy, une plate-forme de ménage à domicile soutenue par un incubateur prestigieux, s’est livrée à un petit jeu dangereux, consistant à lancer des services à la limite de la légalité, en surfant sur un flou juridique : elle facilitait le recrutement de travailleurs indépendants et a été l’objet de quatre plaintes en actions collectives demandant la requalification en contrats de travail des missions accordées aux « freelances ». La société a préféré jeter l’éponge et a fermé ses portes courant 2015, laissant planer un sérieux doute sur l’avenir à long terme d’autres services s’appuyant sur des modèles économiques comparables.

#5 : Ne pas brûler les étapes

Certaines levées de fonds s’apparentent à des cadeaux empoisonnés pour les créateurs, contraints d’avancer à toute vitesse sans avoir toujours posé les bases d’un développement serein. « La première levée, c’était 1,6 millions au bout de 6 mois », déclare Emilie Gobin, co-fondatrice de la défunte Usine à Design. « Avec le recul, c’était beaucoup trop et beaucoup trop tôt. Très vite, on a été pris dans l’engrenage de la croissance, de la structuration, et on ne prenait plus le temps nécessaire pour s’interroger, tester, se remettre en question, car il fallait toujours “atteindre les objectifs” pour le reporting mensuel. C’était une approche très court-termiste. Au final, le socle n’était pas encore solide (positionnement, levier de croissance) lorsque nous avons bouclé la seconde levée… ».

Son de cloche quasi-identique du côté d’AllMyApps, ou l’ex-patron détaille pour sa part quelques unes des erreurs ayant entraîné la chute de sa start-up, un temps portée aux nues par la presse spécialisée. Ces erreurs tiennent entre autres à une croissance et à des dépenses hasardeuses au regard des revenus générés, à une vision et un focus « approximatifs », et à des déconvenues avec le référencement sur Google.

 

Florence Ropion

Florence Ropion

Florence Ropion est responsable de l’équipe Marketing Dell en France. Elle a rejoint la société en 2006 en tant que directrice de ventes, avant de prendre quelques années plus tard la direction de la division OEM pour la région Europe du Sud. Elle est aujourd’hui membre du comité de direction de Dell France.

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